« La ferme des enfants » de Sophie Bouquet-Rabhi

En 2013, je me suis donné comme objectif de m’instruire concernant l’éducation alternative, étant totalement novice dans ce domaine. Bien m’en a pris: j’ai eu l’occasion de lire sur le sujet et ai appris beaucoup de choses fort intéressantes.

J’ai encore plusieurs livres qui attendent d’être lus mais en attendant, je souhaitais vous parler du premier: La ferme des enfants, « Une pédagogie de la bienveillance »,  un témoignage de la fille de Pierre Rabhi, Sophie Bouquet-Rabhi (aux éditions Domaine du possible chez Actes Sud, 22,40€).

ferme_enfants

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La structure

L’auteur nous présente le village intergénérationnel où elle vit et l’école qu’elle y a créée. Le livre est divisé en plusieurs parties:

il débute par une introduction et vient ensuite la partie étincelle, où Sophie Bouquet-Rabhi raconte quelques bribes de son vécu, ce qui l’a menée jusque là.

Elle aborde ensuite le sujet de l’enfance, puis de l’école dans laquelle elle travaille en se fondant sur la méthode Montessori qu’elle a suivie et ensuite la pédagogie de la bienveillance en pratique.

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Ce que j’ai aimé:

– l’auteur cherche à partager ses expériences, et je trouve qu’elle le fait d’une façon sincère et modeste dans un esprit critique, consciente que son approche ne convainc pas tout le monde

– elle parle aussi de la confiance qu’il faut avoir en l’enfant, de l’importance d’être bienveillants envers eux

– elle fait référence à de nombreux auteurs, ce qui m’aide pour poursuivre mes recherches et lectures. Elle mentionne notamment: Alice Miller, Krishnamurti, Arthur Janov, Edwige Antier, Célestin Freinet, Jeannette Toulemonde, Thomas Gordon et Frédéric Leboyer.

Ce que j’ai moins aimé:

– je pense que certaines parties de son discours peuvent sembler parfois extrêmes ou radicales. Je ne dis pas qu’elles me semblent dénuées de sens, mais je crains qu’en tenant de tels propos, elle « décrédibilise » d’autres idées pourtant très intéressantes.

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Voici ci-dessous quelques extraits qui m’ont marquée:

– « Soyons ce que nous voulons voir émerger chez l’enfant! » p.58

– « En fait de caprice, je pense que l’enfant cherche une issue au bouillonnement émotionnel qui couve à l’intérieur de lui, et se met soudainement à exploser à l’occasion d’un fait anodin. C’est ainsi que l’enfant peut libérer cette intensité émotionnelle jusqu’à son tarissement. Le parent n’a rien d’autre à faire qu’accompagner l’enfant dans son défoulement émotionnel en l’allongeant sur un matelas, en lui assurant un périmètre de sécurité où il ne pourra ni détruire, ni se faire mal, et en maintenant une présence bienveillante à proximité. Dans sa crise de rage, l’enfant pour être effrayé par l’intensité de son ressenti. Le rassurer avec douceur, mettre des mots sur cette rage, l’aider à rester confiant: « Je vois que tu es vraiment exaspéré », « Laisse sortir toute cette colère ». Ma fille, emportée par ses cris et ses sanglots, profitait parfois d’un intervalle de respiration pour murmurer: ‘Maman, au secours, aide-moi..’  » p.60

– « La coordination constitue un point important du travail des éducateurs et la communication doit être excellente. Car pour que la liberté puisse pleinement s’exprimer, la structure qui la sous-tend doit être claire. Les problèmes s’immiscent dans des zones mal définies. Contrairement à certaines idées reçues, liberté et ordre sont indissociables. » p. 83

– « Plus j’avance dans cette recherche pédagogique et plus je m’aperçois du rôle toxique que le jugement joue dans nos vies humaines. Or, tout le système scolaire et éducatif est basé sur le jugement à travers des attentes, des évaluations, des notations et un système punitif destiné à faire régner l’ordre dans la communauté. L’obéissance est partout contraire au développement de l’intelligence, comme l’histoire des idéologies nous l’a démontré à maintes reprises. » p. 110

– « L‘enfant a besoin non pas de ‘faire ce qu’il veut’, mais de ‘vouloir ce qu’il fait‘, comme il est commun de le rappeler dans la pédagogie Montessori. » p. 152

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Conclusion:

Comme première approche de l’éducation alternative, ce livre m’a conquise puisqu’il propose une vision concrète fondée sur l’expérience, les réflexions de l’auteur m’ont souvent interpellée et, à la fin du livre, j’étais tellement remplie d’optimisme que j’étais prête à faire mon sac-à-dos pour aller sur place en Ardèche. Je le recommande donc, même s’il parlera sans doute plus aux « débutants » qu’aux « confirmés », et encore…

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