« Amour » et slow médecine

amour

Je viens de voir  le film « Amour » de Haneke.

Vous vous demanderez sans doute ce que ce film a à voir avec le fait de vivre de manière autonome et durable. Certes.

Et pourtant.

Je pense qu’il vaut la peine d’être mentionné sur ce blog pour 3 raisons.

D’abord, au niveau cinématographique parce que, pour moi, le réalisateur a utilisé le temps intelligemment. En laissant du temps au silence, à l’absence d’action. Cela ne fait pas du film un moment ennuyeux mais bien un moment où la réflexion et le ressenti ont leur place. Et en ce sens, je pense qu’il est cohérent de le mentionner sur ce blog qui prône un retour à la lenteur, à une utilisation saine du temps.

Ensuite, ce film parle de la vieillesse. Période de la vie durant laquelle, quand bien même on voudrait aller vite, l’être se retrouve obligé à prendre son temps pour faire les choses.

Et surtout, ce film parle de la fin de vie.  De la possibilité de la passer à domicile. Et c’est là que la mention de ce film ici prend du sens: il m’a fait penser à la slow médecine. Un concept dont je n’ai pas entendu parler en tant que tel. Et pourtant. Il s’agirait, pour moi, d’une médecine qui place l’humain au centre de sa pratique. En faisant quelques recherches, je suis tombée sur un site italien de slow médecine. Qui titre « Faire plus ne signifie pas faire mieux ».

Selon moi, la slow médecine serait une médecine qui considère le patient dans sa globalité, qui donne un sens à la maladie, qui ne se limite à traiter les symptômes à coup de médicaments et d’interventions chirurgicales, mais qui écoute la personne. Parce qu’un patient reste avant tout une personne. Et c’est ce que nous montre de façon admirable le film de Haneke. Le besoin d’une médecine « éthique » qui prodigue des soins réellement adaptés aux attentes de la personne. Et qui respecte la personne qui est fatiguée et qui « ne veut plus ».

Je ne rejette pas du tout la médecine ni ses avancées, je pense, par exemple, que la gestion de la douleur est quelque chose de fondamental pour le bien-être d’une personne. Mais je reproche à la médecine de privilégier parfois le traitement plutôt que la dignité.

Je vous invite à lire ici la courte charte de la slow médecine dont les 3 mots-clés sont: Sobre, Respectueuse et Juste.

Je pense que si vous vivez de manière réellement durable et autonome, cela suppose que vous vivez à un rythme calme, que vous prenez le temps de vous alimenter de manière saine, de vous entourer de produits dont vous connaissez les effets, et je pense qu’il s’agit d’une des meilleures préventions possibles. Dans les maladies les plus courantes au sein des sociétés occidentales actuellement, on trouve les maladies cardio vasculaires et le diabète par exemple, qui sont dus à une mauvaise alimentation, un excès de stress et un manque d’activité physique. Bref, à une mauvaise qualité de vie.

À ce sujet, Ivan Illich a écrit « Némésis médicale: l’expropriation de la santé », où il explique notamment l’importance de l’environnement dans la prévention des maladies.

Et en ce qui concerne la dignité et le traitement de la douleur, Martin Winckler a rédigé plusieurs livres sur ce sujet, notamment:

« Le Choeur des femmes », qui s’intéresse particulièrement aux femmes et leurs questions/vécu/relation par rapport à la gynécologie, contraception;

« La maladie de Sachs », qui décrit le travail que réalise un médecine de campagne qui donne priorité à l’écoute;

« En souvenir d’André », qui aborde l’euthanasie.

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